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La mutation qui permet de boire de l’alcool

Des chercheurs américains affirment qu’une mutation de l’ancêtre de l’homme a permis à ce dernier de métaboliser l’alcool éthylique bien plus rapidement que les autres animaux.

« Il y a dix millions d’années, une mutation est survenue chez l’ancêtre africain des humains et des grands singes. Elle lui a permis de métaboliser l’éthanol quarante fois plus rapidement ! », estime Matthew Carrigan, paléogénéticien au Santa Fe College situé à Gainesville (États-Unis). Ainsi, nos ancêtres avaient déjà un certain penchant pour l’alcool, et ce, bien avant les premières cultures de blé ou de raisin ! D’après les calculs de l’expert, la mutation dont il est question ici est intervenue au moment où les primates ont commencé à être dans l’obligation de descendre des arbres nourriciers qui se raréfiaient sous l’effet d’une très longue période de sécheresse. « Ils ont alors commencé à se nourrir de fruits tombés au sol… qui étaient parfois fermentés », indique Matthew Carrigan. L’ingestion d’éthanol comporte quelques avantages tels qu’un ralentissement du métabolisme, des facilités au niveau de la digestion ainsi que du stockage des graisses.

Cependant, il incombait à nos ancêtres de métaboliser l’éthanol le plus vite possible « pour éviter de succomber trop vite à l’ébriété », poursuit le chercheur, car « dégringoler, ivre, des arbres ou s’assoupir dans un environnement où rôdaient les prédateurs leur aurait été fatal ».

Robert Dudley, de l’Université de Californie, avançait déjà en 2004 l’hypothèse des singes ivres, stipulant que l’attraction des humains pour l’éthanol pourrait avoir des bases génétiques provenant de la grande dépendance des ancêtres primates de l’Homo sapiens aux fruits (très mûrs ou pourrissant) comme source de nourriture. L’intéressé estime que la rencontre entre l’homme et la vigne s’est produite il y a deux millions d’années lorsque Homo erectus quitte enfin le berceau africain pour le Moyen-Orient avant de vraiment se familiariser avec la plante il y a 500 000 ans en Europe. Cependant, le chercheur estime qu’il est « difficile de savoir quand nos ancêtres ont commencé à conserver ou fabriquer des breuvages enivrants. »

Quoi qu’il en soit, tous s’accordent à dire que l’homme trouve l’origine de sa résistance et de son penchant pour l’alcool dans des temps très anciens, à l’époque des primates végétariens et arboricoles !

Sources : Sciences et Avenir

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