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Non, CAPRIE, ce n’est toujours pas fini

On se souvient de cette grande étude de prévention secondaire cardiovasculaire qui, il y a plus de 20 ans, montrait l’efficacité d’une double protection antiplaquettaire à base d’aspirine (AAS) et de clopidogrel sur la récidive d’événements cardiovasculaires chez les patients ayant déjà présenté un syndrome coronarien aigu, un AVC ou une artériopathie périphérique. L’étude CAPRIE donnait le top départ à l’utilisation du clopidogrel à la place ou en supplément de l’AAS chez de nombreux patients CV, avec pour seul hic le coût du traitement et son remboursement soumis à une demande par le prescripteur et toute l’administration associée. Quelques années plus tard, les cardiologues se mettaient à la « Dual AntiPlatelet therapy (DAPT) par AAS et clopidogrel chez leurs patients ayant présenté un syndrome coronarien, principalement après leur passage en cathlab. Puis, de nouveaux agents anti-plaquettaires ont vu le jour dans cette indication « cardiologique », le prasugrel, le ticagrélor, etc étaient prescrits en association ou en remplacement du clopidogrel mais pour une durée plus limitée dans le temps pour cette indication particulière.

Cependant, en prévention secondaire, chez ces patients qui vivent avec le glaive CV au-dessus de la tête après avoir subi un AVC, un infarctus du myocarde ou être claudiquant, aucun nouveau principe actif n’a été étudié ou n’a démontré une supériorité par rapport au clopidogrel. Rappelons tout de même que le clopidogrel permet de réduire considérablement le risque d’IM (RRR de -19.2%, après 3 ans) par rapport à l’AAS chez tous ces patients à risque CV. Ou qu’un patient sur quatre présentant une artériopathie des membres inférieurs de plus voit son risque d’événement ou de mortalité CV diminué (RRR 23.8 %) dans les 3 ans par rapport à l’AAS. Le clopidogrel continue donc d’être, pour ces patients nombreux et que l’on voudrait protéger d’un nouvel incident, la molécule de référence.

Depuis quelques mois, c’est aujourd’hui non seulement moins cher mais plus facile d’y avoir accès, grâce à la présence sur le marché d’un générique qui bénéficie de conditions de remboursement plus larges que le produit princeps (Plavix®). Un pas de plus dans la prévention cardiovasculaire pour tous ceux qui doivent être protégés.

Caprie